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Lundi 16 novembre 2009


"La musique maure est d'abord un cri, un défi aux éléments, un élan vital, un hymne au nomadisme. Savante, elle proclame la victoire de l'esprit sur la matière, de l'homme sur la nature ;guerrière, elle ranime les vieilles rancunes, resserre les liens des combattants, évacue toutes les peurs ; lancinante, elle se déroule au rythme lent du dromadaire en marche, du cercle de l'horizon perdu auquel succède, inlassablement, le cercle de l'horizon nouveau ; douloureuse, elle pleure sur les traces des disparus, se lamente sur le sort du nomade condamné à vivre de ruptures en ruptures, elle chante la difficulté d'être ; charnelle, elle exhale de soupirs en soupirs le long poème de l'amour ; implorante, elle glorifie le Seigneur des univers, le Miséricordieux, le Tout Miséricorde."
                                                                                   Les enfants des nuages
in Le livre des déserts,  Itinéraires scientifiques, littéraires et spirituels
Sous la direction de Bruno Doucey ; Robert Laffont, coll Bouquins, 2006

Ces phrases écrites par Sophie Caratini disent exactement cette musique...
Pour en écouter des échantillons interprétés par Allal Laamari et son groupe Zahar, rendez-vous sur le site alnomadine, rubrique "festivals nomades" ou suivez le lien

Par alnomadine - Publié dans : Voyages
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Lundi 9 novembre 2009
...nous n'irons pas jusqu'à écrire "d'ali baba". mais plutôt "aux trésors".
Les trésors ne sont pas les mêmes pour chacun c'est certain !
Il faudrait faire un comparatif entre la boutique de cet homme et les grands hypermarchés de nos cités ou les supermarchés de nos campagnes.
Une des choses difficiles à M'Hamid, c'est l'approvisionnement. Et oui, dernier village au bout de la route.
Après c'est le désert. alors évidemment, que vous ayez besoin de sel, d'huile, de pain, de papier toilette, d'eau en bouteille, de petits gâteaux, des confitures, du lait, des yaourts, des amandes, du cumin, ... vous les trouverez chez Salem
Vous avez besoin de gaz, d'essence, de gazoil, d'un plateau, d'une théïère, d'un pain de sucre, de thé, de casseroles, de lessive, une bouilloire, du charbon de bois, des épingles à linge, une rallonge électrique, un balais...c'est encore chez Salem.
Vous cherchez du savon, une fontaine d'eau fraîche, des couvertures, des jerricanes pour l'eau, des piquets pour vos tentes, de coussins, vous pouvez aller chez Salem.
En petites ou en grandes quantités, de la salière à l'électroménager, Salem se plie en 4 vous trouver ce que vous cherchez. S'il sait que vous avez des chances de le trouver dans un autres magasin, il n'hésitera pas à vous dire "essaye d'aller chez...". Sinon, il n'hésitera pas à passer les téléphones qu'il faut pour vous trouver ce qui vous manque, l'objet rare ou indispensable à votre activité ou vie de famille.
Vous me direz, ben qu'a-t-il d'extraordinaire? C'est un bon commerçant, c'est tout...et vous aurez raison parce que c'est un bon commerçant aussi qui mène bien son affaire.
Mais c'est aussi un homme avec un coeur "grand comme ça". Il connaît les familles dans le besoin, la veuve qui n'a pas d'enfants dans l'âge de travailler pour lui permettre d'acheter sa farine, son riz, son sel.
Alors dans la discrétion, le respect de l'amour propre, il ouvre ou prolonge le crédit ; il sauve l'honneur et l'estime de soi.
C'est avec des hommes comme lui que nous aimons travailler car la solidarité n'est pas un vain mot pour lui.
Aussi aujourd'hui, nous avons l'honneur de vous le présenter. Et si jamais vous venez à M'Hamid et que vous ne savez pas où trouver quelque chose, n'hésitez pas, vous demandez "Salem Filali", tout le monde le connaît, forcément !
Les 2 nomades
Par alnomadine - Publié dans : solidarité
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Jeudi 5 novembre 2009

Denis, qui nous apporte son témoignage sur la manifestation "Le grand bivouac" nous livre le sentiment d'un grand voyageur-photographe qui exposait sur ce festival.

  

(…) « j’aimerais affirmer, pour l’avoir maintes fois con staté, que la joie de vivre n’a pas grand chose à voir avec le degré de développement économique et que les systèmes entretiennent sciemment une confusion entre qualité et niveau de vie. Le Marché a imposé aux habitants des pays riches sa pression de la même manière que les missionnaires ont imposé leur morgue aux sauvages. En agitant des hochets (…). Qu’il n’y ait bientôt plus de différences majeures entre les peuples passerait même aux yeux de beaucoup, pour un progrès ! Je devine cependant que l’individu pourrait ressortir plus pauvre, plus vulnérable et essentiellement plus triste de cette entreprise d’unification » (…).


Patrick de Wilde, photographe exposant au Grand bivouac,

auteur avec le généticien Axel Kahn du livre L’homme pluriel.

 

Albertville, en Savoie, accueillait fin octobre "Le grand bivouac", traditionnel festival des voyages, abrité dans un cirque de montagnes couvertes des premières neiges de la saison.

Au programme : stands de voyages éthiques, commerce équitable, restauration d’ailleurs, expos, conférences et chants du monde. Sur la photo, Pirakuma Yawalapiti, chef indien d'une communauté d'Amazonie brésilienne, participe à l'émission publique de France Inter "Et pourtant elle tourne", dans le hall du Théâtre d'Albertville, partenaire du festival.


Cette année, les organisateurs avaient placé la manifestation sous le signe de la découverte des "peuples des bouts du monde", avec des invités venus de Papouasie, Amazonie, Sibérie, Mongolie, Sahara occidental, Québec…

Tous autochtones, c'est à dire "premiers" sur leurs territoires, convoités par gouvernements et multinationales, saccagés par la déforestation et la pollution. Sans parler des dégâts commis par les missionnaires sur la culture et la vie sociale de ces sociétés premières et aussi par un tourisme irrespectueux (une conférence portait sur ce thème).

 

Ils sont ainsi près de 400 millions de part le monde. Leurs droits sont reconnus par des conventions internationales, notamment le premier des droits, celui de décider de leur propre sort. A les écouter décrire leurs luttes, il est évident que ce droit est bafoué dans bien des régions de la planète.

Je ne résiste pas à l'envie de livrer sur ce blog le sentiment d'un grand voyageur-photographe qui exposait sur ce festival :

   

Alors, amis lecteurs, si ces quelques mots vous font envie, à l’année prochaine à Albertville !


J’oubliais : il serait impardonnable de ne pas restituer un moment fort de ce festival, à savoir le courage de son Président et du Directeur du Théâtre d’Albertville, qui ont dédié la soirée musicale multiethnique d’ouverture (fabuleuse !) aux trois jeunes afghans expulsés vers leur pays en guerre et à toutes celles-ceux qui prennent des risques en soutenant l’étranger traqué ou souffrant de la faim.

 

Denis Rochaix (73)

Par Denis Rochaix - Publié dans : Voyages
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Lundi 2 novembre 2009

Pour ceux qui ne connaissent pas Rachid Boudjedra, j'ai plaisir à partager ce titre que j'ai déjà lu au moins 4 fois : les 1001  années de la nostalgie.
Univers d'un homme et de sa famille quelque part dans un désert narré dans un style fantasmagorique.
Ici un extrait tiré du début du roman qui plante le décor :
"Lorsqu'au IXe siècle un riche commerçant construisit le village de Manama à l'intérieur des remparts, sur le lieu de passage des caravanes qui troquaient le sel et les dattes contre de l'avoine et de la verrerie, faisaient en plus des échanges sans malice ni esbroufe, revenaient avec des chameaux chargés de provisions, bimboloterie, bijoux, benjoin, cire, tissus, ustensiles et appareillages plus ou moins compliqués mais tellement nécessaires à la réalité quotidienne et au prolongement des rêves et autres mirages tatoués, à même les visages, liquoreux et charpentés, bois d'ébène dégoulinant de perles amères à la fois et salées, il avait la prétention de convertir cet endroit en une capitale, lien entre plusieurs civilisations et deux ou trois continents. Ce rêve insensé échoua, parce que le centre de gravitation du commerce du sel se déplaça un millier de kilomètres plus bas."...
On voys laisse poursuivre la lecture et les aventures de Mohamed, héro de ce roman qui vallut en 1980 le prix du meilleur roman de langue française.


Photo : Denise Sauzon - Décembre 2008 - Quelques part dans le désert à Erg s'mar, vestige d'un village aujourd'hui envahi par le sable.
Par alnomadine - Publié dans : désert
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Jeudi 29 octobre 2009


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«
J’ai toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n’entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence…»
Lieu fétiche des ballades proposées par Alnomadine

Antoine de St Exupery - Le Petit Prince
Photo Denise Sauzon - décembre 2008 - Erg Zahar au petit matin.

Par alnomadine - Publié dans : désert
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